
Quelle implantation pour ma pharmacie ?
- 5 minutes
- 26/02/2026

Vous souhaitez ouvrir votre propre officine ? Avant de vous lancer, une question cruciale se pose : où implanter votre pharmacie ? En France, l’implantation des officines est strictement encadrée par la loi, afin d’assurer un maillage territorial équilibré et un accès équitable aux soins. Réglementation, opportunités locales et contraintes économiques… Le choix du lieu d’implantation de votre pharmacie est stratégique, et peut déterminer la réussite de votre projet.
Alors quelles sont les règles d’implantation des pharmacies en France ? Quel est le seuil minimal d'habitants dans une commune pour avoir une pharmacie ? Et en quoi l’emplacement de votre officine peut-il influencer le succès de votre entreprise ?
Vous ne pouvez pas ouvrir une pharmacie n’importe où ! L’implantation d’une officine répond en effet à des critères démographiques et géographiques bien définis.
En France, l’implantation des pharmacies est soumise à un numerus clausus territorial. L’objectif ? Garantir la couverture de l’ensemble du territoire en officines, pour que chacun puisse accéder facilement à une pharmacie.
L’article L.5125-4 du Code de la santé publique rappelle que l’ouverture d’une première pharmacie dans une commune est autorisée à partir de 2 500 habitants. Une nouvelle officine peut ensuite être créée tous les 4 500 habitants supplémentaires. Une commune de 9 000 habitants peut ainsi accueillir deux pharmacies.
C’est le directeur général de l’ARS qui est chargé de délivrer les licences d’exploitation, en veillant à une répartition équilibrée des officines sur le territoire (en concertation avec l’Ordre des pharmaciens). Des dérogations peuvent parfois être accordées pour l’implantation d’une pharmacie, notamment dans les zones de désert pharmaceutique ou ayant des besoins de santé spécifiques.
Contrairement aux idées reçues, la réglementation française ne prévoit pas de distance minimale obligatoire entre deux pharmacies. L’implantation des officines dépend exclusivement de la densité de population locale, et non de la proximité géographique entre officines. Néanmoins, s’il s’agit d’un projet de transfert de pharmacie, les autorités sanitaires analysent attentivement l’impact territorial de la nouvelle implantation (notamment vis-à-vis des officines déjà présentes dans le secteur).
Des règles de non-concurrence s’appliquent également, pour protéger la loyauté professionnelle entre confrères. L’article R.4235-37 du Code de la santé publique rappelle qu’un pharmacien ne peut pas s’installer à proximité immédiate de ses anciens collaborateurs pendant deux ans (avec lesquels il a travaillé en tant que remplaçant, adjoint ou assistant pendant au moins six mois consécutifs, ou effectué son stage). Mais ses anciens confrères peuvent renoncer à cette protection.
Pour qu’un projet d’implantation de pharmacie soit autorisé, plusieurs conditions doivent être réunies :
le respect du quota réglementaire de population par officine (2 500 habitants pour une première pharmacie, puis 4 500 habitants supplémentaires par création successive) ;
une localisation cohérente avec les besoins de la zone de chalandise, pour garantir une bonne desserte de la population ;
la conformité du local aux normes pharmaceutiques en vigueur : superficie suffisante (pour les espaces de vente et de stockage), accessibilité PMR, sécurité et hygiène, aménagements conformes au Code de la santé publique… ;
un accès facile pour les patients : stationnement, proximité des transports, visibilité du point de vente et facilité de circulation…
Au-delà de ces obligations, il est important de bien choisir l'emplacement de sa pharmacie pour répondre aux besoins de ses clients et patients, et assurer la rentablité et la performance de l’officine.
Pour ouvrir une officine, il faut détenir un diplôme d’État de docteur en pharmacie, justifier d’une expérience professionnelle et être inscrit à l’Ordre des pharmaciens. Mais l’implantation d’une pharmacie implique aussi de suivre un parcours administratif précis.
Avant toute demande d’implantation de pharmacie, vous devez évidemment réaliser une étude de marché :
analyser la concurrence locale (nombre d’officines existantes, services proposés, amplitude horaire…) ;
étudier les données démographiques (évolution de la population, flux touristiques, typologie de patients…) ;
identifier les besoins spécifiques de la population (services santé, pharmacie de garde, désert médical…).
Professionnels expérimentés, les conseillers Giphar vous accompagnent dans cette étude stratégique préalable.
L’Agence Régionale de Santé (ARS) est l’autorité compétente pour autoriser l’implantation d’une nouvelle pharmacie.
Le pharmacien doit déposer un dossier complet comprenant :
un projet détaillé (avec une étude de marché et un prévisionnel financier) ;
une description précise du local envisagé ;
la justification du respect des quotas de population requis ;
ses diplômes et attestations professionnelles.
Une fois le dossier reçu, l’ARS dispose d’un délai de quatre mois pour statuer. En parallèle, l’Ordre des pharmaciens et les syndicats professionnels sont consultés : ils ont deux mois pour rendre leur avis sur la demande de licence d’exploitation (leur silence vaut acceptation). En revanche, si l’ARS ne répond pas dans les délais (4 mois après la réception du dossier), la demande est considérée comme rejetée.
Si la demande est acceptée, le pharmacien reçoit une licence d’exploitation : elle lui permet de débuter son activité. C’est ce document qui officialise l’autorisation d’exercer et d’exploiter l’officine dans le respect des règles territoriales.
Ouvrir une pharmacie représente un investissement conséquent, avec plusieurs postes de dépenses à anticiper :
l’achat ou la création de votre officine : si vous achetez une officine existante, le prix dépend de sa rentabilité, de son chiffre d’affaires et de son emplacement. En moyenne, comptez entre 60 % et 100 % du chiffre d’affaires annuel. Si elle reste plus rare (car soumise à des quotas), l’implantation d’une nouvelle officine est généralement moins coûteuse ;
l’aménagement et l’équipement de votre pharmacie : travaux de remise aux normes, achat du mobilier et des équipements professionnels (robotisation, espace confidentialité…), systèmes informatiques et logiciels de gestion… ;
la constitution de votre stock initial : pour assurer un stock suffisant dès l’ouverture, vous devez disposer d’un fonds de roulement (d’un montant de 100 000 à 150 000 euros, généralement) ;
les frais de constitution, conseils et assurance : vous pouvez devoir des honoraires à plusieurs professionnels (expert-comptable, avocat, notaire). Pour exercer en toute sécurité, vous devez également souscrire une responsabilité civile professionnelle (pour couvrir les dommages aux patients) et une assurance multirisque officine (pour protéger vos locaux, vos équipements et vos stocks).
L’implantation de votre pharmacie est bien plus qu’un enjeu administratif ! C’est un facteur clé de rentabilité, et un levier majeur de réussite commerciale et professionnelle…
Un bon emplacement de pharmacie, c’est :
un passage fréquent de clients et patients (flux piétonnier ou routier) ;
une visibilité optimale (vitrine attractive, enseigne reconnaissable) ;
un accès facilité (stationnement à proximité, transports en commun).
Une pharmacie bien implantée génère évidemment un chiffre d’affaires supérieur et une meilleure fidélisation client, avec un véritable potentiel de développement ! Et un emplacement stratégique est aussi un gage de notoriété pour votre officine. Être présent dans un quartier résidentiel, une zone rurale en tension ou près d’un pôle médical vous permet en effet de répondre à une véritable attente locale. Vous pouvez nouer des partenariats avec d’autres professionnels de santé, et devenir le référent santé de votre territoire.
Même avec un projet solide, ne négligez pas :
la rareté des nouvelles implantations : le système de quotas limite fortement les créations d’officine. Il est souvent plus simple de reprendre une pharmacie existante ou d’en transférer une vers une zone à plus fort potentiel ;
le poids de l’investissement initial : les frais liés à l’implantation d’une pharmacie sont importants. Un bon accompagnement (financier, juridique et stratégique) est essentiel pour ne pas surévaluer votre capacité d’endettement ;
les contraintes réglementaires : formalités administratives, normes d’accessibilité, contraintes d’aménagement… L’installation d’une officine est soumise à des règles strictes.
Coopérative de pharmaciens indépendants et engagés, Giphar vous propose un accompagnement expert, pluridisciplinaire et personnalisé. Nos conseillers vous accompagnent à chaque étape de votre projet d’implantation, avec plusieurs services :
étude de votre projet : analyse de la zone de chalandise, étude de la concurrence et des besoins locaux, estimation du potentiel commercial ;
appui administratif et stratégique : constitution du dossier ARS, mise en relation avec des experts (juridiques, comptables, bancaires), élaboration du business plan ;
accompagnement opérationnel : choix du local et travaux d’aménagement, mise en place de votre stock, des logiciels et des équipements, inscription à l’Ordre des pharmaciens ;
accès à des offres d’officines à vendre : sur notre site, vous pouvez accéder à des annonces d’officines disponibles à la vente, partout en France. Une manière simple et directe de concrétiser votre projet.
Vous souhaitez installer votre pharmacie, mais ne savez pas par où commencer ?


